Paris, Monet et le Jardin d'eau

Claude Monet, un des acteurs majeurs du mouvement impressionniste, quitte Paris pour créer son jardin, « sa palette de couleur », et peindre librement avec un chevalet planté sur sa barque, dans les champs et non plus dans un atelier. Il voulait peindre la nature et ses sensations directement.

Ses peintures, transporte à Paris son jardin, en exposant les nymphéas à l’Orangerie, un musée dont l’architecture répond à ses exigences de lumières pour ses œuvres.

Par ce voyage photographique dans le jardin d’eau de Monet à Giverny, j’ai eu envie de m’approcher de cette lumière qui a attiré Monet en Normandie et revisiter ces gammes de couleurs.

Le parcours d'un soleil diffusant une lumière douce tout au long de la journée permet ce voyage au cœur des couleurs. L’étang est un miroir naturel qui les amplifie comme un écho multiplie les sons. Ainsi, les scintillements lumineux muent par le vent à la surface de l’eau, sont autant de touches de couleurs posées par le pinceau du peintre. Tout est en mouvement, ce lieu tangue sans cesse, le peintre en est l’axe fixe.

J’ai réalisé ces photographies dans le jardin d’eau de Monet à Giverny, que j’ai photographié pendant une année, au moins une fois par mois. Ainsi, j’ai pu observer sa transformation au fil des saisons.

Par cette série photographique je cherche à réinterroger l’impressionnisme.

Je me suis placée de façon à ce que les fleurs ou le végétal soient situés entre mon objectif et l’étang. C’est ainsi que les fleurs deviennent très floues et produisent ces aplats de couleur ou ces taches de couleur qui semblent voler dans l’image.

J’ai pris le parti de photographier cet espace avec une longue focale, un objectif 80-200 mm.

 

Lorsque les éléments "fleurs" et "étang" sont alignés selon un axe, c’est par le cadrage que se construit la composition de l’ensemble, les taches de couleurs, la vue sur l’étang et les nymphéas, en y ajoutant les reflets à la surface, comme le ciel, les arbres et autres plantes qui le bordent, sans oublier ce qui peut apparaître sous l’eau et qui vient affleurer la surface.

Ces photographies ne comportent aucun trucage ni ajout de couleur par des procédés numériques, tel que Photoshop.

 

Une sélection de ces photographies seront présentées dans l’exposition LIBELLA, une exposition d’art et d’histoire imaginée par Matthieu Séguéla, Historien et commissaire d'exposition et dialogueront avec les peintures de Nao Kaneko.
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